L’interview d’Olivier Perrard, Président de Mediatoon licensing

Déc 09

L’interview d’Olivier Perrard, Président de Mediatoon licensing

olivier-perrard9À quand remonte votre partenariat avec l’innovation Factory ?

Nous sommes partenaires de l’Innovation Factory depuis le début. Dans un premier temps, l’initiative est venue du pôle édition BD, mangas et production audiovisuelle. Aujourd’hui, le partenariat est étendu à tout le groupe qui créé des contenus très variés : pour la jeunesse avec Fleurus et pour un public plus adulte avec une offre de beaux livres, de livres pratiques avec Mango ou religieux avec Magnificat ; enfin le partenariat comprend le pôle presse avec Rustica, magazine de jardinage et Famille chrétienne.

Quelles motivations ont été à l’origine de votre partenariat avec l’Innovation Factory ? Quelles étaient vos attentes?

La cible de notre groupe est très orientée jeunesse. Pour une grande partie, nos créations s’adressent aux enfants et particulièrement aux 8-12 ans mais aussi à un public familial très large. Les habitudes des consommateurs dans ce secteur ont évolué très rapidement et nous avons donc manifesté très tôt un réel intérêt pour la révolution numérique. Nous avons par exemple lancé, il y a six ans déjà, Iznéo, une plateforme de lecture de bandes dessinées sur écran. Donc, dans l’ensemble,notre partenariat avec l’Innovation Factory nous permet de mieux appréhender les révolutions numériques en cours.

À la différence des grands partenaires de l’Innovation Factory comme AccorHotels ou La Française des Jeux, nous sommes une entreprise de taille plus modeste, avec des moyens moins sophistiqués, et surtout très locale. Et donc, tout ce qui concerne la veille, et notamment la veille à l’international est très intéressant pour nous.

Ce qui a continué à retenir notre attention et a conduit au renouvellement du partenariat, se sont les fameux Open Days, ces réunions semestrielles où sont présentés des projets développés par des startups ou les projets de la startup elle-même. Ces présentations faites en collaboration avec Partech sont très stimulantes dans le sens où elles nous montrent le chemin et le sens dans lequel la révolution numérique continue, s’oriente, entre les réussites, les échecs et les nouveautés des projets sur le marché.

Nous recevons, de par notre métier, énormément de projets créatifs. On brasse un nombre d’idées et de projets extraordinaires, pour la plupart encore présentés avec un papier et un crayon. De l’autre côté, il y a le consommateur, dont les usages glissent de plus en plus vers l’écran. Et qui dit écran, dit techno. Comme on ne peut investir dans des centaines de projets digitaux, on doit sélectionner avec plus de justesse et c’est là où l’Innovation Factory peut nous aider. Comme je le répète souvent à nos collaborateurs, c’est une information capitale de savoir très tôt ce qui ne fonctionne pas.

 

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Quels projets avez-vous mis en place avec l’Innovation Factory ? Quelles sont vos principales sources de satisfaction de ce partenariat ?

Dans l’ensemble, les Anti MasterClass ont été globalement très bien vécues par les équipes qui ont été très satisfaites d’avoir un feedback direct de la génération Y sur des projets que nous sommes être en train de formaliser. Ce retour de la part d’un panel consommateur expert est précieux et, par chance, on s’est retrouvé dans les premières promotions avec des étudiants fans de BD ou mangas. Ainsi, le : nouveau plan de marque de XIII a été soumis en Anti MasterClass, tout comme notre projet « We story », né de notre volonté de créer une base de données communes à tous les éditeurs BD, Mangas ou Comics. Pour l’instant en effet, chaque label a son propre site web. « We story » devrait permettre d’agréger ces données.

Bien sûr, notre niveau de satisfaction dépend aussi de nos attentes. Nous n’attendons pas de ces Anti MasterClass un rapport circonstancié avec 50 pages de recommandations. D’ailleurs, nous présentons aux étudiants des projets déjà réfléchis, partagés. Les idées apportées par les étudiants relèvent plus du détail mais le détail a son importance. D’autant que nous restons autant que possible dans une approche « test&learn », caractéristique du digital.

Deuxième point de satisfaction : la performance des stagiaires de la Web School Factory qui sont venus travailler chez MediaParticipations. Nous avons accueillis 4 stagiaires en 2015 qui ont fait un excellent travail, notamment sur la partie développement.

Autre point de satisfaction : le fait de rencontrer d’autres partenaires associés. Les événements organisés par l’Innovation Factory sont l’occasion d’échanges informels, et dans nos métiers de créateurs et de développement de marques, on trouve toujours des sujets à partager ce qui fût particulièrement le cas avec Warner, Asmodée ou la FDJ.

Jusqu’à maintenant, ce partenariat a-t-il répondu à vos attentes ?

À partir du moment où nous avons renouvelé le partenariat, oui, on peut dire qu’il répond à nos attentes. Nous l’avons fait évolué. Il est aujourd’hui étendu à l’ensemble du groupe et plus seulement limité à la bande dessinée.

Qu’est-ce-que vous imaginez pour le futur ? De quelle manière va vivre ce partenariat ?

Il y a un écueil dans lequel on ne doit pas tomber, par rapport à l’évolution de notre industrie, c’est dans la techno. Parce que, en France comme en Allemagne, le livre numérique n’a pas pris. Chez MediaParticipations, nous sommes avant tout des créateurs de contenus quel que soit le segment dont on parle.

On doit se focaliser sur la création de contenus et pas se focaliser trop sur la création des supports. Prenons un exemple : avec la réalité virtuelle, notre métier demain pourrait être de créer des jeux qui se mettent sur Oculus. Mais ce ne sera pas de fabriquer l’Oculus ou de créer une nouvelle technologie. Et se pose même la question du développement de ce type de contenus : doit-on maîtriser la technique qui permet de créer ce contenu en réalité virtuelle ou doit-on l’externaliser ? Cela renvoie à l’appréciation du coût d’opportunité.

Notre cœur de métier reste tout ce qui à trait aux contenus traditionnels : les auteurs viennent toujours nous voir avec leurs papiers et leurs crayons. Il y a 5 ans, on pouvait se dire que tous nos auteurs passeraient à la palette graphique, eh bien non ! Dans ce monde phygital, nous sommes le bon exemple d’un groupe qui doit souvent faire des arbitrages entre respect de la tradition et innovation digitale.

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