Etude : « Créer et innover en Ile-de-France : Le rôle des plateformes d’innovation »

Fév 21

Etude : « Créer et innover en Ile-de-France : Le rôle des plateformes d’innovation »

L’Innovation Factory, Bpifrance Le HUB et Paris&Co publient une étude sur les lieux d’innovation en Ile-de-France, menée par Valérie Merindol et David W. Versailles,  enseignants chercheurs de la Chaire NewPIC de Paris School of Business.

Dans un contexte économique et technologique en mutation, de nouveaux lieux émergent, propices à l’installation de nouvelles formes d’innovation et des modes de travail renouvelés. Cette étude propose une taxonomie de ces tiers-lieux qui se développent et se multiplient afin d’apporter une compréhension globale aux différents acteurs concernés par ces espaces : les freelances, les entrepreneurs, les start-ups et les grands comptes. Ainsi elle propose une classification des plateformes d’innovation afin que chacun puisse enfin identifier la valeur ajoutée, la typologie et les caractéristiques propres de chaque lieu.

Un panorama d’acteurs représentatifs pour mieux comprendre l’écosystème de l’innovation francilien 

En 2016 l’APUR a mené une étude quantitative en proposant un atlas des lieux d’innovation à l’échelle de la métropole. Plus de 110 incubateurs, pépinières ou accélérateurs ont été recensés dont les trois-quarts créés après 2010. Près de 90 espaces de coworking sont apparus depuis 2008 et plus de 45 ateliers de fabrication numérique ont vu le jour récemment. L’étude présentée aujourd’hui s’est focalisée sur des données qualitatives, issues d’enquêtes terrain. Pas moins de 45 entretiens ont été menés sur un échantillon représentatif de ces lieux d’innovation pour croiser les points de vue des acteurs concernés : les fondateurs ou animateurs, les résidents et les grandes entreprises. Ces enquêtes permettent d’identifier clairement les spécificités clés des plateformes d’innovation, d’en comprendre leur caractéristiques, leurs gouvernances et leurs modèles économiques.

BASE INFOG ETUDE IF-v04

En effet, ces plateformes d’innovation sont apparues récemment dans le paysage économique. Elles sont le plus souvent associées à des fonctions traditionnelles d’incubation de startups ou à de nouvelles formes d’organisation (les espaces de co-working ou les ateliers de fabrication numérique). En réalité, ces raccourcis se révèlent trop simples et ne reflètent ni les véritables dynamiques du fonctionnement des plateformes, ni leur valeur ajoutée réelle dans l’écosystème.

L’étude propose une taxonomie à partir de plusieurs dimensions des plateformes : les missions (« makers » vs. « thinkers »), les communautés mises en place (leur principal actif stratégique), les offres de services (incubation, ateliers de fabrication numérique, conseil aux grandes entreprises ou aux startups, etc), la gouvernance (y compris les montages juridiques sous forme de société ou d’association) et les modèles économiques.

L’étude apporte plusieurs conclusions : 

Des missions différentes pour un objectif commun : l’émergence de projets entrepreneuriaux à fort potentiel

 

  • Les plateformes d’innovation se répartissent en plusieurs types de mission : orientations « not for profit », « social business » ou « for profit ». Elles travaillent toutes sur une démarche de créativité et d’innovation, mais une partie d’entre elles se montre également active sur des activités de prototypage rapide, avec des machines souvent sophistiquées.

Créer et animer une communauté d’experts = un atout stratégique puissant

  • La dynamique des plateformes d’innovation dépend de la mise en place d’une communauté d’experts ou de mentors, d’anciens incubés, et de résidents. Cette communauté représente le cœur de la valeur ajoutée des plateformes, et donc son actif stratégique. La faire vivre et grossir est une mission clé de chacune des plateformes.
  • Les communautés des plateformes d’innovation renouvellent les modes de travail en apportant plus d’horizontalité et de la porosité dans les échanges. La réciprocité est partout présente dans leurs activités mais elle n’exclut pas la volonté de créer du business, bien au contraire.

Faire coopérer grands groupes et startups et favoriser les synergies

  • Les plateformes offrent des services spécifiques aux startups comme aux grands groupes. L’originalité de leur offre aux startups repose sur un environnement unique qui permet de monter les projets à divers degrés de maturité, dans le cadre d’une émulation collective constante et d’échanges d’expériences au sein de la communauté. Aux grands groupes, les plateformes apportent tout ce qu’une grande entreprise recherche aujourd’hui pour améliorer son processus d’innovation et faire évoluer ses modèles d’affaires : des valeurs entrepreneuriales, des moyens de renouveler la motivation et la créativité, et une connexion avec des entrepreneurs. Les plateformes d’innovation contribuent alors aux stratégies d’innovation ouverte. Elles constituent aussi un instrument d’acculturation à de nouvelles pratiques de travail pour toutes les entreprises, et cela à destination de tous les échelons du management

Une recherche de modèle économique solide

  • L’étude constate la professionnalisation des plateformes à travers la recherche de modèles économiques solides. Les plateformes d’innovation convergent vers une gouvernance multiple qui permet d’optimiser les coûts de structure en associant chaque mission principale à la forme juridique et économique la mieux adaptée. Les plateformes associent de plus en plus souvent une structure de société commerciale pour couvrir les services aux grands comptes ou aux startups, et une structure de type associatif pour animer les activités des communautés. Cette évolution est liée en partie à la réorientation des subventions publiques. Cette démarche se double souvent d’une labellisation au titre de l’économie sociale et solidaire pour nuancer le statut de société commerciale.
  • Les perspectives d’évolution riment avec flexibilité et adaptabilité. La recherche d’une stabilité impose de concilier des contraintes de rentabilité à court et long termes. A court terme, la pérennité des structures repose sur une rentabilisation des matériels et des locaux. A plus long terme, cela implique de dimensionner les infrastructures pour attirer les acteurs de l’innovation sur des missions et des activités originales.

Il est important de noter le caractère dynamique que constitue cette offre de tiers lieux, en constante évolution, nécessitant une mise à jour régulière des données. Ainsi, une mise à jour annuelle de ce panorama sera effectuée et communiquée.


Télécharger l’étude complète sur :

www.plateformes-innovation-idf.fr

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